dimanche, février 26, 2017 05:33

Entretien de Farida Nabourema avec Le Pays

Autre presse     janvier 10th, 2017
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FARIDA BEMBA NABOUREMA, BLOGEUSE ET WEB ACTIVISTE TOGOLAISE : « Les Burkinabè sont déjà au stade où ils ont le droit de réclamer des droits »

Elle est née au Togo et elle y a fait son parcours scolaire et universitaire. Elle poursuit ses études aux Etats-Unis d’Amérique où elle a embrassé la filière de Relations internationales, avec pour option « Le Moyen orient ». Pendant tout ce temps, s’il y a une chose à laquelle elle est restée fidèle, c’est bien la lutte pour l’émancipation de ses compatriotes en particulier, et en général, des peuples d’Afrique. Pour cela, elle n’y va pas de main morte. Quand la virulence de ses propos combine souvent avec une certaine réalité des choses, il est difficile d’y rester indifférent. Ils sont donc des dizaines de milliers à la suivre sur les réseaux sociaux. Et Farida Bemba Nabourema, car c’est d’elle qu’il s’agit, continue toujours sa lutte dans un pays où la liberté d’expression n’est pas la chose la mieux partagée. Quand on lui demande si elle n’a pas peur pour ses prises de position assez osées, elle répond : « Ce ne sont pas mes prises de positions qui me font peur mais, c’est la peur qui me fait prendre ces positions : la peur de mourir de faim, la peur de mourir dans un hôpital par manque d’infrastructures… ». De passage à Ouagadougou, dans le cadre du festival Ciné droit libre, nous lui avons donc tendu notre micro, le 15 décembre 2016. Comme à son habitude, l’écrivaine, blogeuse et web activiste togolaise n’a pas mâché ses mots à l’endroit des dirigeants qui oppriment leurs peuples et veulent s’éterniser au pouvoir. A la jeunesse africaine, elle appelle donc au sursaut. Lisez !

« Le Pays » : On vous sait très active sur les réseaux sociaux. Pouvez-vous nous dire ce qui vous a amenée à prendre cette initiative ?

Farida Bemba Nabourema : Mes initiatives n’ont pas été inspirées par les réseaux sociaux. C’est naturellement que j’ai fait le choix des réseaux sociaux comme canal de communication, car je voulais dénoncer certaines irrégularités. Etant donné que la presse véritable est censurée au Togo et aussi je me trouvais dans la diaspora, la seule alternative qui me restait pour véhiculer mes opinions, éveiller les consciences et dénoncer certaines pratiques, était les réseaux sociaux.

Pourquoi vous êtes vous positionnée en tant qu’activiste ?

Tout d’abord, parce que je suis née d’un papa qui, durant toute sa vie, a lutté pour un Togo libre. Pas seulement pour un Togo libre des dictateurs mais, un Togo libre des impérialistes et de toute forme d’oppression. C’est à partir du combat de ce dernier que j’ai été entraînée. Je me suis donc engagée depuis mon très jeune âge.

 

Quel reproche faites-vous au pouvoir togolais ?

Je lui reproche son existence. C’est un pouvoir qui ne devrait pas exister. C’est un pouvoir usurpé et imposteur qui s’est imposé au peuple togolais par un coup d’Etat en 1963, quand Eyadema et une horde d’anciens militaires de l’armée française ont assassiné le premier et véritable président élu du Togo, Sylvanus Olympio. Donc, je reproche au pouvoir togolais le fait qu’il existe. Il existe par procuration de la France, une puissance coloniale. Il existe pour assombrir le rêve de liberté des Togolais et pour empêcher le progrès du Togo sur toutes ses formes. C’est ce qui me révolte.

A travers vos postes sur les réseaux sociaux, vous décriez certains aspects de la coopération entre l’Occident et le Togo et entre l’Occident et l’Afrique de manière générale. Pouvez-vous nous dire pourquoi cette prise de position ?

Je ne suis pas contre la coopération. La réalité, c’est qu’on ne coopère pas. Les uns dominent les autres. La France est le dominant et nous sommes les dominés. Ce que je prône d’ailleurs, c’est la coopération. Que nous puissions être à un stade où nous décidons pour nous-mêmes, où nous sommes sur une base d’égalité, où nous pouvons poser nos conditions et eux, les leurs, pour qu’on discute afin de trouver un compromis pour la gestion de nos affaires. Cela, sur tous les plans comme ils le font d’ailleurs avec leurs partenaires américains, chinois et russes. Je suis pour une Afrique forte qui est à même de participer au débat. Mais, pas une Afrique à qui tout est imposé et qu’on empêche de s’exprimer. Je suis de ceux qui prônent la coopération mais, ce n’est malheureusement pas le cas actuellement. On est opprimé et exploité. C’est contre cela que je m’insurge.

Comment se traduit cette domination, selon vous ?

Elle se traduit, d’abord par l’imposition aux pays africains des gouvernements tyrans. Elle se traduit aussi par l’imposition d’une monnaie tyrannique qui nous empêche d’être auto-suffisants sur le plan économique et qui nous pompe presque la totalité de nos ressources. Cette domination se traduit également par le pacte colonial qui nous pousse à payer des dettes qu’on ne devrait pas et par des soi-disant accords de coopération et de défense qui permettent à la France d’intervenir militairement dans nos pays, alors qu’elle ne devrait pas se mêler de nos affaires domestiques. Il y a aussi l’imposition de la culture française dans nos programmes scolaires, causant une aliénation de nos jeunes et de nos populations mais aussi l’incapacité de nos pays à connaître leur essor. Si fait qu’aujourd’hui, parmi les dix pays les plus pauvres d’Afrique, sept sont francophones. C’est donc une relation qui nous nuit et qui empêche notre liberté, notre émancipation et même notre survie. Il est donc impératif que nous combattions cela au même titre que nous combattons les maladies comme le Sida, le choléra et Ebola. Car, pour moi, la première épidémie de certains pays africains, c’est la France.

Parlant de la présence militaire, bon nombre de pays africains subissent actuellement la menace terroriste alors qu’ils ne disposent pas de moyens suffisants pour y faire face. Ne pensez-vous pas que la coopération à ce niveau est nécessaire ?

Les premiers terroristes en Afrique ce sont les Français et les autres « partenaires », soyons honnêtes ! Le terrorisme ne se manifeste pas seulement par les bombes que des fous posent par-ci par-là pour, soi-disant revendiquer leur droit de prier un dieu qui, selon eux, aime les bombes. Le terrorisme sert à semer d’abord la peur, la terreur et à dominer quelqu’un. La France a utilisé cela depuis plusieurs années. La France nous a terrorisés à travers les guerres qu’elle a créées, les massacres qu’elle a engendrés, les génocides qu’elle a orchestrés et à travers les dirigeants tyranniques qu’elle nous a imposés dont Bokassa, Eyadema, Hissène Habré et Compaoré. Ces dirigeants ont massacré leurs populations. La France nous a aussi terrorisés à travers des programmes économiques qui nous maintiennent dans la misère. Aujourd’hui, plus d’Africains meurent de misère que des guerres et des attaques terroristes. Tous les jours, il y a des Africains qui meurent du paludisme, du choléra, de la dysenterie, du diabète, du manque d’infrastructures élémentaires et la principale cause se trouve dans ce terrorisme indirect de la France. Donc, pour moi, les premiers terroristes de l’Afrique, ce sont les puissances néocoloniales.

Cela dit, comment avez-vous accueilli le départ de Blaise Compaoré en fin 2014 ?

J’ai moi-même milité pour le départ de Blaise Compaoré. Je ne suis pas restée comme une observatrice. Donc, pour moi, c’est un acquis, pas seulement pour le Burkina Faso mais, pour l’Afrique. Quand un des dirigeants pantins tombe quelque part, c’est un os de moins sur l’épine dorsale du continent tout entier. Parce qu’ils sont tous liés et tous, ils collaborent dans ce travail de persécution. Alors, lorsqu’on arrive à vaincre ne serait-ce qu’un seul d’entre eux, même si cela ne traduit pas que la guerre est remportée, c’est au moins une bataille de gagnée. Cela nous renforce dans nos croyances et prouve que nous pouvons faire changer les choses. Donc, ce n’est pas vraiment un accueil car je n’ai pas fait qu’observer, j’ai participé à ma manière et c’est une fierté pour nous tous.

Pensez-vous que le Burkina est sorti de l’auberge après le départ de Blaise Compaoré ?

Bien sûr que non. On ne sort pas de l’auberge à cause d’un seul individu. On ne libère pas un peuple. Un peuple affirme d’abord sa liberté et la maintient, par la suite. On dit souvent que la liberté s’arrache mais je ne le pense pas. La liberté est là et c’est à vous de l’affirmer. Pour cela et aussi pour la maintenir, il y a un prix à payer. Alors, le peuple burkinabè est-il arrivé à ce stade où il affirme cette liberté ? Je ne le pense pas. On a chassé le tyran, c’est vrai mais ce n’est pas assez. Il faut aller au-delà car, un individu ne fait pas un système. Un système crée des individus mais, l’individu à lui seul ne peut pas créer un système. Donc, il faudra d’abord fragiliser et démanteler ce système oppressif qui pousse sa source dans ce pourquoi Blaise Compaoré a été fait président. Il a été mis au pouvoir par des gens qui avaient des objectifs précis. Tant qu’on n’aura pas réussi à démanteler ce système, pour moi, la guerre n’est pas terminée.

Parlant de système de tyrans et de dictateurs, quelle appréciation faites-vous de la situation en Gambie et en RDC ?

Sur la question gambienne, je fais partie de ceux qui pensent que Yahya Jammeh doit partir. Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent que Yahya Jammeh est un panafricaniste. Le monsieur s’est levé un beau matin et lorsqu’il a compris qu’il ne peut plus être président, il s’est rappelé d’un concept qu’on appelle le panafricanisme. Le panafricanisme n’a jamais servi à terroriser ses populations, alors que Yahya Jammeh a toujours terrorisé les Gambiens. Le panafricanisme ne sert pas non plus à s’enrichir sur le dos de ses populations. Mais, comment se fait-il que dans un pays aussi minuscule comme la Gambie, il soit le propriétaire de plus de 500 000 hectares de terres, quand il y a des Gambiens qui n’ont pas ne serait-ce qu’un lopin de terre pour cultiver ? Thomas Sankara n’aurait jamais fait cela. Il ne se serait jamais approprié les richesses de son pays. Lorsque vous voyez le bureau de Yahya Jammeh, on a l’impression que c’est un hôtel de luxe. Lumumba ne se serait pas accordé ces largesses. Vous ne pouvez pas sucer le sang du peuple et après venir lui dire que vous serez un bon tyran comparativement à l’occident. Tout ce qu’il sort aujourd’hui, c’est du bluff. Malheureusement, il y a des naïfs qui mangent dans ça. Il y a des gens qui pensent qu’il suffit de dire que je suis contre la domination de l’Occident pour être panafricaniste. Il n’y a pas de bipolarité qui tienne. Dire que je suis pour l’Afrique, c’est dire que je protège l’Afrique contre tout. C’est d’abord la protéger contre vos propres exagérations, contre les aspects de sa culture qui l’empêchent d’avancer mais aussi contre les forces extérieures. On ne saurait donc tolérer des gens qui affirment nous protéger de l’extérieur alors qu’ils nous attaquent de l’intérieur. Il faudrait bannir l’oppression sur toutes ses formes en Afrique. Yahya Jammeh n’est pas cet Africain qui a à cœur le bien-être de son peuple. Si c’est maintenant que cet éveil vient en lui, je dirais que c’est trop tard. On n’apprend pas à devenir panafricaniste. Soit on l’est, soit on ne l’est pas.

Et s’agissant du président Kabila ?

Kabila aussi doit partir. Je suis contre ces chefs d’Etat qui pensent qu’ils ont été investis d’un pouvoir divin qui fait qu’après eux, il ne peut y avoir une autre personne d’assez intelligente, d’assez courageuse et d’assez forte pour diriger un pays. Un leader, ce n’est pas celui-là qui s’impose aux gens et qui poussent les gens à lui obéir. Un leader, c’est quelqu’un qui renforce d’autres dans leur volonté à prendre aussi le devant des choses. Nous avons eu en RDC la guerre la plus sanglante de l’histoire de l’humanité depuis la deuxième guerre mondiale. Une guerre qui a fait environ 6 millions de morts depuis qu’elle a commencé en 1997. Kabila n’a pas trouvé une solution à cela. Presque toutes les semaines, il y a des agressions au Congo. Plus de 800 000 femmes dont l’âge est compris entre 3 à 82 ans, y ont été violées. Des femmes qui sont transformées en des objets sexuels. Et Kabila n’a pas trouvé une solution à cela. Il est incapable de gérer cet immense pays. Il n’a pas les qualités intellectuelles, militaires et encore moins morales requises pour le faire. Alors, s’il pense que malgré son échec il doit toujours rester à la tête de la RDC, je soutiendrai le peuple congolais dans son élan pour la quête de la liberté et dans son combat. Si vous avez échoué, on ne peut vous accorder une 3e, 4e … voire une 10e chance. L’avenir d’un peuple, ce n’est pas de la loterie. Ou vous savez gérer un pays, ou vous ne le savez pas.

Si vous avez l’occasion d’être en face de la jeunesse congolaise aujourd’hui, que lui diriez-vous ?

D’abord, qu’elle n’attende pas qu’un homme politique soit la solution à ses problèmes. Le changement d’un pays commence par le changement de ses citoyens sur leur manière d’appréhender la politique et les hommes politiques. Il faudrait que les jeunes congolais prennent conscience et qu’ils changent. Il faudrait que les jeunes congolais réalisent que l’heure n’est plus à la sape. Pour s’habiller, il faut d’abord manger. Il faudrait qu’ils sachent que l’heure n’est plus au dombolo car, pour danser, il faut aussi de l’énergie. Alors, si les congolais veulent bien s’habiller et bien danser, il faudrait qu’ils reprennent possession de leur pays. Malheureusement, c’est une jeunesse qui est préoccupée par la danse, par les vêtements et par la religion. Il faut d’abord que cette jeunesse puisse reconquérir la RDC car, elle a la chance d’avoir le pays le plus riche de l’Afrique. Aucun autre pays n’a eu autant de grâce de la métropole. Le Burkina n’a pas accès à la mer, le Togo n’a pas d’or, de pétrole, de bauxite et de diamant. Mais, il y a tout ça au Congo. C’est également le pays qui a payé le prix le plus fort du colonialisme. Dix millions de Congolais ont été tués en l’espace de 8 ans par le régime du roi Léopold II. Au total, plus de 14 millions de Congolais ont été tués sous la colonisation belge. Alors, avec tout ce sacrifice que leurs ancêtres ont consenti, les congolais ont le devoir d’honorer leur mémoire en s’investissant complètement dans ce combat pour reconquérir leur pays. Ils ont le pays le plus grand de l’Afrique et si le Congo se porte bien, toute l’Afrique ira mieux. Donc, je demanderai à la jeunesse congolaise d’arrêter de se concentrer sur des futilités et de commencer à prendre son destin en main.

Vous êtes au Burkina dans le cadre de Ciné droit libre. Pouvez-vous nous faire le bilan de votre participation à cet évènement ?

Je trouve que c’est une noble initiative. J’ai beaucoup appris à travers les ateliers à travers lesquels on a essayé de donner aux activistes des outils pour pouvoir améliorer leurs combats à différents niveaux. J’ai beaucoup aimé le fait que cela n’a pas été seulement des ateliers de donneurs de leçon. Ici, on nous a plutôt dit que ce que l’on fait déjà, on est libre de le faire et qu’ils entendent nous aider à mieux le faire. C’est de cela qu’on a besoin. Nous avons besoin d’institutions qui comprennent que nous avons le droit de faire notre choix sur la manière de lutter et qu’elles soient prêtes à nous aider si nécessaire. Au-delà de cela, c’est ma première fois de venir au Burkina Faso. J’ai réalisé que les jeunes burkinabè sont beaucoup plus engagés que dans certains pays. Les Burkinabè sont déjà au stade où ils ont le droit de réclamer des droits. Au Togo, nous sommes encore en train de se battre pour le droit de réclamer nos droits. C’est dire qu’on ne peut même pas réclamer nos droits pour le moment. Alors, même si les Burkinabè pensent que cela est très mineur, c’est déjà très appréciable. Parce que pour y arriver, un long chemin a été parcouru et beaucoup de sacrifices ont été consentis. Donc, il faudra apprécier cet acquis et réaliser que cela est une inspiration pour les autres. Ciné droit libre est une plate-forme qui permet aux jeunes de prendre conscience sur certaines tares de la société. Nous sommes tous humains et la chose la plus importante pour un humain, c’est de pouvoir vivre dignement. Quand notre dignité est bafouée dans différents secteurs, il y a lieu de se lever et de revendiquer nos droits. Mais, pour cela, nous devons d’abord savoir comment les revendiquer. Il faut que nous sachions ce que nous méritons, afin que nous puissions négocier le meilleur pour nous-mêmes.

Vous avez profitez de votre séjour au Burkina pour présenter également votre livre intitulé « La pression de l’oppression ». Pouvez-vous nous en dire plus sur ce bouquin ?

C’est vrai, depuis que le livre est paru, je n’ai pas encore fait une présentation en Afrique. C’est donc, pour moi, un plaisir et un grand honneur de le faire au Burkina Faso, surtout parce que ce livre m’a été inspiré à 80% par Thomas Sankara. Donc, le fait d’être dans son pays pour le présenter pour la première fois est un plaisir pour moi. Je lutte contre l’oppression sur toutes ses formes. Donc, c’est un livre par lequel on peut identifier plusieurs types d’oppression. Nous avons l’oppression religieuse, culturelle, économique, intellectuelle et aussi basée sur le genre. Donc si vous voulez savoir ce qu’est l’oppression, « La pression de l’oppression » est un livre que je vous recommande. Ensuite, il y est aussi question de la manière dont il faut réagir dans une situation d’oppression. Il ne suffit pas seulement de savoir que l’on est opprimé mais, il convient également de réagir quand on l’est. Je combats le défaitisme et l’attentisme. Quand on sait qu’on est opprimé, on ne croise pas les bras pour dire que c’est Dieu qui l’a voulu. Il faudrait agir et rompre la chaîne de l’oppression. Et j’essaie de donner des idées, dans ce livre, sur comment y arriver. Je ne me positionne pas comme un donneur de leçons, car mes connaissances qui sont basées sur mon éducation et mes expériences sont infimes. Mais il s’agit, pour moi, d’amener tout un chacun à aller au-delà, à chercher à comprendre au mieux ce dont il est victime et à chercher à lutter contre cela.

Quel est votre mot de fin ?

D’abord, je voudrais dire merci à la jeunesse burkinabè pour le service qu’elle a rendu à l’Afrique. Elle nous a permis de comprendre et de réaliser que la révolution est possible en Afrique. Certes, la révolution est un processus, mais nous nous réjouissons de savoir que ce processus est déjà enclenché au Burkina. Et c’est bien de savoir que ce processus a commencé quelque part car, on nous disait que cela était utopique. Alors le fait que la jeunesse burkinabè ait combattu et montré que des graines des figures emblématiques comme Thomas Sankara sont toujours en elle, est un réconfort pour nous qui luttons. La jeunesse burkinabè ne doit pas baisser les bras, encore moins laisser certaines personnes lui voler ce qu’elle a acquis en payant un lourd tribut avec la perte de certaines personnes comme Norbert Zongo. Alors, la meilleure manière de remercier ces personnes, c’est de continuer le combat. Mais, ce combat, ce n’est pas un match de football où il y un début, une mi-temps et une fin. Ce combat, c’est pour toute la vie et toute notre vie, nous devons lutter. Donc la lutte de la jeunesse pour un Burkina meilleur, c’est sa vie et elle ne doit pas abandonner sa vie.

Interview réalisée par Adama SIGUE

Le Pays

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