vendredi, janvier 20, 2017 20:00

Un rapport explosif mais non vérifié sur Trump et la Russie agite les médias américains

UNITED STATES     janvier 11th, 2017
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Moscou disposerait d’informations compromettantes sur Donald Trump, selon un mémo cité mardi 10 janvier par CNN et divulgué la veille de la première conférence de presse du milliardaire depuis son élection à la Maison Blanche, le 8 novembre.

 

 

Ce document de 35 pages a été remis par les chefs espions à Donald Trump vendredi lors de son briefing sur le rôle de la Russie dans des tentatives de déstabilisation de l’élection présidentielle, a affirmé la chaîne. Dans la foulée, BuzzFeed et d’autres médias américains ont mis en ligne mardi soir des copies de ce texte qui circulait depuis quelque temps au sein des rédactions. La plupart avait jusqu’ici choisi de ne pas le publier tant que les allégations contenues n’étaient pas vérifiées.

Dans un email à sa rédaction qu’il a publié sur Twitter, Ben Smith, le rédacteur en chef de BuzzFeed, a justifié la publication du rapport, alors qu’il reconnaît qu’« il y a des raisons sérieuses de douter » de la validité de certaines des affirmations qu’il contient. Mais selon lui, il était « largement » diffusé dans les hautes sphères du gouvernement et des médias, et le site a donc souhaité être « transparent » vis-à-vis de ses lecteurs.

Ce document, qui rassemble plusieurs courts rapports rédigés du 20 juin au 20 octobre 2016, fait état de communications suivies pendant la campagne entre l’équipe de Donald Trump et Moscou et de frasques sexuelles du milliardaire lors de ses voyages en Russie – frasques dont les services russes auraient gardé des traces pouvant être utilisées pour faire pression sur lui.

« CAMPAGNE D’INFLUENCE »
Ces informations sur le président élu ont été portées à la connaissance des autorités américaines par un ancien agent du service de contre-espionnage britannique MI-6, engagé par des rivaux de Donald Trump pour rassembler des élements contre lui, selon CNN. Le Guardian affirme de son côté que le sénateur républicain John McCain aurait transmis le document au patron du FBI, James Comey, en décembre.

Ce document a ensuite été donné à l’intéressé lors de la présentation, vendredi, par les chefs espions du rapport des agences américaines de renseignement sur la « campagne d’influence » supposée du président russe Vladimir Poutine pour discréditer son adversaire démocrate Hillary Clinton. Le Kremlin a toujours rejeté ces accusations d’interférence.

Le renseignement américain y voit la preuve que la Russie a cherché à obtenir des informations sur les deux candidats, mais a choisi de ne divulguer que celles sur l’ancienne secrétaire d’Etat.

« INFORMATIONS EXPLOSIVES »
L’existence d’informations russes sur Donald Trump faisait déjà l’objet de rumeurs avant l’élection et avait conduit le chef de file des sénateurs démocrates de l’époque, Harry Reid, à écrire au directeur du FBI, James Comey. « Il est maintenant clair que vous possédez des informations explosives sur les liens étroits et la coordination entre Donald Trump, ses proches conseillers et le gouvernement russe – une entité étrangère ouvertement hostile aux Etats-Unis, dont Donald Trump fait l’éloge à chaque occasion », pouvait-on lire dans cette lettre datée du 27 août.

Vendredi, le président élu avait admis des piratages contre le Parti démocrate mais n’était pas allé jusqu’à endosser leur thèse d’une ingérence russe à son profit dans l’élection du 8 novembre. L’homme d’affaires a promis de réchauffer les relations avec Vladimir Poutine dont il a salué « l’intelligence ».

« Si ces allégations d’une coordination entre la campagne de Trump et des agents russes sont avérées, et les allégations selon lesquelles les Russes ont compromis l’indépendance du président élu Trump, ce serait vraiment choquant. Ce serait explosif », a réagi sur CNN le sénateur démocrate Chris Coons. Ce document explique sans doute « la défense continuelle de Trump de la Russie et son adoration pour Poutine », a renchéri sur Twitter l’ex-candidat républicain à la présidentielle et ancien agent de la CIA, Evan McMullin.

Le président Barack Obama a été informé de ces développements jeudi. Interrogée mardi, la Maison Blanche n’a pas fait de commentaires. De son côté, Donald Trump a fermement rejeté ces allégations : « Fausse information. Une totale chasse aux sorcières politique ! »

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